Haïti: le Conseil de transition choisit Edgard Leblanc Fils comme président

Le tout nouveau Conseil présidentiel de transition haïtien, mis sur pied après la démission du Premier ministre, a choisi ce mardi 30 avril l'homme politique Edgard Leblanc Fils pour présider l'organe. L'annonce a été faite lors d'une cérémonie officielle retransmise en direct à la télévision. Après environ deux heures d’attente, le représentant de la société civile au Conseil, Frinel Joseph, monte l’estrade, rapporte notre correspondante à Port-au-Prince, Marie-André Bélange. Une majorité a été dégagée et une entente autour de Edgar Leblanc Fils, pour qu'Edgar Leblanc Fils soit le président du Conseil. Edgar Leblanc Fils aura un rôle de coordination au sein du Conseil, investi la semaine dernière avec pour lourde tâche de tenter de rétablir l'ordre public, dans un pays ravagé par les gangs. Il est le représentant du Collectif du 30-Janvier, un groupement de partis politiques, dont le PHTK de l'ancien président assassiné Jovenel Moïse. S'exprimant en créole, l'ancien président du Sénat et sénateur du département de la Grand'Anse a salué l'esprit de dialogue qui a permis sa désignation. Sa première mission sera de restaurer la sécurité, condition sine qua non pour atteindre l'objectif numéro 1 du Conseil, « des élections transparentes, crédibles, incontestables afin que le 7 février 2026, notre Conseil voie la fin de son mandat et puisse organiser une passation définitive ». Une majorité des membres de l'organe a proposé le nom de Fritz Bélizaire pour le poste de Premier ministre, a déclaré devant l'assistance Frinel Joseph, l'un des deux membres sans droit de vote au Conseil, en promettant « beaucoup plus d'explications » ultérieurement. Fritz Bélizaire était auparavant ancien ministre haïtien des Sports. Accord sans besoin de vote Le nouveau président a été sélectionné à l'issue d'un accord entre les sept membres ayant un droit de vote au sein du Conseil, et non d'une élection interne comme c'était prévu. « Ce matin, on a placé les urnes, l'isoloir pour rien », s'est excusé Frinel Joseph. « Mais surtout, ce qui est important, c'est que la majorité a été bien dégagée. Ça peut arriver qu'il y ait changement de plan, mais c'est surtout important [...] que le changement de plan donne le même résultat. » « Et le résultat, c'est que, Mesdames et Messieurs, nous avons aujourd'hui mardi 30 avril un président bien connu au sein du Conseil présidentiel, qui va coordonner le Conseil selon l'accord qui a été trouvé entre les différentes entités parties prenantes », a poursuivi le représentant. Il aura fallu plusieurs semaines de négociations complexes, marquées par des revirements, pour que le Conseil voie le jour dans un contexte sécuritaire ultra-tendu dans la capitale Port-au-Prince. En cause, des désaccords entre les partis politiques et les autres parties prenantes, mais aussi avec le gouvernement sortant. Beaucoup d'Haïtiens, dont des acteurs politiques, voient en cette désignation sans tergiversations une bonne chose pour le pays plongé dans une grave crise. Ils appellent les membres du Conseil à se mettre au travail pour rétablir la sécurité.