Proche-Orient : la diplomatie américaine dans l’impasse
« Nous travaillons très activement pour obtenir davantage d’aide humanitaire » : malgré des déclarations prenant davantage en compte les souffrances endurées par la population civile à Gaza, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken s’est heurté aux critiques acerbes des pays arabes et de la Turquie lors de la tournée marathon effectuée ces derniers jours. C’est finalement avec son homologue turc Hakan Fidan, et non avec le président Recep Tayyip Erdogan, qu’Antony Blinken aura clôturé ce lundi 6 novembre sa tournée diplomatique – une déception pour le chef de la diplomatie américaine qui espérait rencontrer le dirigeant turc, et le signe patent d’une discorde profonde entre Washington et ses partenaires dans la région. Antony Blinken aura pourtant mis les bouchées doubles et mêmes triples au cours de cette tournée menée au pas de charge : rencontre avec Benyamin Netanyahu à Tel-Aviv, avec Mahmoud Abbas à Ramallah, puis en Jordanie avec le roi Abdallah et les ministres des Affaires étrangères de l’Égypte, de l’Arabie saoudite, du Qatar, et des Émirats arabes unis… Sans oublier une étape surprise à Bagdad et une autre à Chypre ! Des visites et des rencontres à un rythme effréné avec un objectif : tenter d’apaiser la colère des pays arabes et celle de la Turquie, tout en maintenant le soutien militaire et politique à Israël. Un travail d’équilibriste et une équation quasiment impossible à résoudre tant le fossé s’est approfondi depuis le 7 octobre, entre Washington et les pays de la région. Soutien politique et militaire total Il faut dire que dès les premières déclarations de Joe Biden après les attaques du 7 octobre, et l’affichage d’un soutien total à Israël, les pays de la région ont fait part de leurs critiques, reprochant aux États-Unis de ne tenir aucunement compte des conséquences du conflit pour les civils palestiniens. Et ces critiques n’ont cessé de prendre de l’ampleur face à la réponse militaire engagée par l’État hébreu, avec le blocus de Gaza et les bombardements massifs sur le territoire palestinien. À cela s’est ajouté la dénonciation du fameux « deux poids, deux mesures » dont feraient preuve les Occidentaux, et la conviction qu’en tant qu’allié indéfectible d’Israël, les États-Unis deviennent co-responsables de ce qui se passe à Gaza. Refus du cessez-le-feu Or, malgré une inflexion du discours américain sur le conflit, Antony Blinken n’aura pas réussi à réduire cette fracture au cours de cette tournée diplomatique. Certes, Washington parle davantage désormais des civils et de la situation humanitaire à Gaza, et le chef de la diplomatie américaine a déclaré à chacune de ses étapes et à chacun de ses interlocuteurs que les États-Unis mettaient tout en œuvre pour faire parvenir l’aide humanitaire aux Gazaouis, et qu’ils étaient favorables à la mise en place de pauses humanitaires. Mais, Washington refuse toujours de demander un cessez-le-feu, reprenant les arguments d’Israël – pour qui un cessez-le-feu permettrait au Hamas de se renforcer. Et c’est ce point qui ulcère les pays arabes et la Turquie qui réclament sans relâche la mise en place d’un cessez-le-feu. Risque d’embrasement La diplomatie américaine est dans l’impasse, ce qui pourrait avec des conséquences très lourdes pour la position américaine dans la région. Avec tout le travail de normalisation entre les pays arabes et Israël qui s’effondre, Bahreïn, la Jordanie et la Turquie ayant décidé de rappeler leurs ambassadeurs en Israël. Avec ensuite la crainte d’un embrasement dans la région – et le spectre d’une guerre élargie au Hezbollah libanais… et celle des répercussions pour les troupes américaines encore stationnées en Irak. Enfin, il y a la question des évacuations des ressortissants américains coincés à Gaza. Les États-Unis ont besoin de leurs alliés dans la région pour toutes ces questions – mais se retrouvent isolés dans le contexte actuel, et d’autant plus démunis que les autorités israéliennes se montrent inflexibles face à leurs demandes. En témoigne la fin de non-recevoir exprimée par le Premier ministre israélien ce vendredi, Benyamin Netanyahu excluant toute pause humanitaire dans le conflit à Gaza tant que le Hamas continuera de détenir les 240 otages enlevé le 7 octobre dernier.
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