« Le VIH n’est pas réapparu » : cinq questions sur le « patient de Genève » en phase de rémission

Un patient de 49 ans, aujourd’hui en phase de rémission, a bénéficié d’une greffe de moelle osseuse en 2018, tout comme les malades précédents qui ont guéri du VIH. Mais cette fois la méthode est un peu différente. On fait le point. Un sixième patient atteint du VIH est en phase de rémission. L’annonce a été faite dans la nuit de mercredi 19 à jeudi 20 juillet 2023, en amont de la Conférence de la société internationale du Sida qui doit s’ouvrir ce dimanche, à Brisbane, en Australie. Ce patient est surnommé « le patient de Genève » en raison des soins qu’il a reçu en Suisse. Une nouvelle qui ouvre potentiellement des pistes pour la recherche. Profil, antécédents, traitement… On fait le point sur ce cas. Qui est ce patient ? Il s’agit d’un patient de 49 ans, chez qui l’infection au VIH a été découverte en 1990 et qui a toujours suivi un traitement antirétroviral depuis, indique le site de l’Institut Pasteur. En 2018, ce dernier a bénéficié d’une greffe de moelle osseuse, une opération très lourde qui a été autorisée uniquement car il souffrait aussi d’un cancer du sang et avait besoin de cette greffe. Cette greffe permettant de renouveler en profondeur le système immunitaire. Un mois après l’opération, « les tests ont montré que les cellules sanguines du patient ont été entièrement remplacées par les cellules du donneur », amenant une diminution drastique des cellules qui portaient le VIH. Avant lui, cinq autres personnes atteintes du VIH ont déjà été considérées comme probablement guéries après avoir reçu une greffe de moelle. Toutes avec la même situation. À ceci près… À chaque fois, leur donneur de moelle osseuse présentait une mutation génétique très rare d’un gène dit CCR5 delta 32, une mutation connue pour empêcher l’entrée du VIH dans les cellules. Pour le « patient de Genève », la donne est différente et la technique a changé. Quelle est la différence avec les cas précédents ? En 2018, la greffe du « patient de Genève » a été issue d’un donneur non porteur de la fameuse mutation CCR5, avec des cellules souches « lambda ». Autrement dit, contrairement aux cellules souches des autres personnes guéries, celles de la personne donneuse permettaient théoriquement au VIH de se reproduire. Et pourtant… 20 mois après l’interruption du traitement antirétroviral chez le patient, le virus n’est pas réapparu dans son organisme : « les analyses n’ont détecté ni particules virales, ni réservoir viral activable, ni augmentation des réponses immunitaires contre le virus dans l’organisme », indique l’Institut Pasteur. Pourquoi c’est important ? Il s’agit toutefois d’une rémission et non d’une guérison. Malgré tout, cela a presque surpris les scientifiques. « Jusqu’à présent, on pensait que le facteur majeur d’une rémission était le fait d’avoir une mutation génétique sur la greffe de moelle osseuse. Avec ce cas-là, il n’y a pas de mutation génétique. Ca veut dire que peut-être que l’intervention est plus facile », indique le Pr. Yazda Yadanpanah, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Bichat à Paris et membre du Conseil scientifique, au micro de France Info qui prévient que « tout le monde ne sera pas greffé ».