États-Unis : multiples inculpations de Chinois et de Russes pour vols de secrets industriels

Les suspects sont accusés d'avoir volé des secrets industriels et d'avoir enfreint des sanctions américaines en tentant d'exporter des technologies sensibles. Les autorités américaines ont annoncé mardi l'ouverture de poursuites contre des Chinois et des Russes, accusés d'avoir volé des secrets industriels et d'avoir enfreint des sanctions américaines en tentant d'exporter des technologies sensibles. «Ces inculpations illustrent l'engagement du ministère de la Justice pour empêcher que des technologies sensibles ne tombent entre les mains d'adversaires étrangers, y compris la Russie, la Chine et l'Iran», a relevé Matthew Olsen, responsable des questions de sécurité nationale au ministère de la Justice, en détaillant dans un communiqué ces cinq affaires à travers le pays. Parmi les personnes visées figure le Chinois Weibao Wang, ingénieur chez Apple de 2016 à 2018, qui est soupçonné d'avoir volé au groupe californien un logiciel - sa spécialité - lié à la recherche et au développement des voitures autonomes ainsi que d'autres éléments confidentiels. Il a fui les États-Unis, pour rentrer dans son pays d'origine, quelques heures après la perquisition de son domicile en 2018. Cet homme de 35 ans est poursuivi en Californie. Xiangjiang Qiao, un Chinois de 39 ans également connu sous le nom de Joe Hansen, est accusé d'avoir cherché à fournir à l'Iran du graphite isostatique. Ce qui est interdit par les sanctions américaines contre la République islamique. Selon les autorités américaines, ce matériau entre dans la fabrication d'armes de destruction massive, en particulier dans la tête de missiles balistiques intercontinentaux. Nikolaos Bogonikolos, un Grec de 59 ans, est lui poursuivi pour avoir fait passer en contrebande depuis 2017 des technologies militaires et civiles vers la Russie, notamment des équipements sophistiqués servant aux essais d'armes nucléaires. Arrêté le 9 mai en France, les États-Unis réclament son extradition. «Tout en opérant ostensiblement en tant que sous-contractant dans le domaine de la défense pour l'Otan et d'autres alliés» avec sa société Aratos Group, Nikolaos Bogonikolos «menait un double jeu, en aidant l'effort de guerre de la Russie et le développement de la prochaine génération d'armements», a expliqué Breon Peace, procureur fédéral du district Est de l'État de New York. D'après lui, Nikolaos Bogonikolos a «conspiré avec un réseau de sociétés orchestrées par les services de renseignements russes pour acquérir frauduleusement et faire entrer en contrebande» en Russie des technologies militaires et civiles américaines.